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EN SAVOIR PLUS →La géotechnique routière englobe l'ensemble des études de sol et des analyses mécaniques nécessaires à la conception, au dimensionnement et à la durabilité des infrastructures viaires. À Toulon, cette discipline revêt une importance capitale en raison d'un contexte géologique complexe marqué par la proximité immédiate du massif cristallin des Maures, des formations métamorphiques et des zones sédimentaires littorales. La variabilité des sols, allant des arènes granitiques aux limons argileux en passant par des remblais anthropiques hétérogènes, exige une reconnaissance systématique avant tout projet de voirie.
Le climat méditerranéen, avec ses épisodes cévenols intenses et ses longues périodes de sécheresse, soumet les chaussées à des sollicitations hydriques extrêmes. Ces conditions locales imposent une attention particulière à la gestion des eaux de ruissellement et à la stabilité des terrassements, notamment dans les secteurs en pente comme le Faron ou les quartiers périphériques en extension. Une étude géotechnique rigoureuse permet d'anticiper les phénomènes de retrait-gonflement des argiles et d'érosion des talus, garantissant ainsi la pérennité des ouvrages.
La réglementation française encadre strictement ces missions, principalement via la norme NF P 94-500 qui définit les missions géotechniques selon l'avancement du projet (G1 à G5). Pour les infrastructures routières, le Guide Technique pour la Conception et le Dimensionnement des Structures de Chaussées du SETRA/LCPC reste la référence, complété par le Référentiel Terrassements (NF P 11-300) pour la classification des sols. Ces textes imposent des investigations in situ et en laboratoire dont la profondeur et la densité varient selon la catégorie de voie et le trafic attendu.
Les projets requérant cette expertise sont multiples : création de voiries nouvelles dans les zones d'aménagement concerté (ZAC), réhabilitation de l'ancienne RN 8, aménagement de giratoires sur les boulevards urbains, ou encore renforcement de chaussées dégradées par le trafic poids lourds. Chaque intervention nécessite une approche spécifique, qu'il s'agisse d'une conception de chaussées souples pour des voies résidentielles à faible trafic, d'une conception de chaussées rigides pour des zones industrielles soumises à de fortes charges, ou d'une étude CBR pour conception routière afin de déterminer la portance du sol support.
Une mission géotechnique routière est une étude technique normalisée qui analyse les sols destinés à supporter une infrastructure viaire. En France, elle suit les phases définies par la norme NF P 94-500 : étude préalable (G1), conception (G2), exécution (G3), supervision (G4) et diagnostic (G5). Chaque étape produit des recommandations spécifiques pour le dimensionnement et la réalisation des terrassements et des couches de chaussée.
Toulon présente une géologie contrastée, avec des affleurements de schistes et de gneiss, des vallons comblés d'alluvions argilo-limoneuses et des remblais hétérogènes en zone urbaine. Cette diversité engendre des portances très variables et des risques de tassements différentiels. La présence d'argiles sensibles au retrait-gonflement impose des dispositions constructives spécifiques pour éviter la fissuration prématurée des chaussées.
Les essais clés incluent les sondages à la tarière ou au pénétromètre dynamique pour évaluer la compacité, les essais en laboratoire comme l'analyse granulométrique et les limites d'Atterberg pour classifier le sol (GTR), ainsi que l'essai Proctor et l'essai CBR pour déterminer les conditions de compactage et la portance. Des essais de plaque peuvent également être réalisés en phase d'exécution pour contrôler la déformabilité de la plateforme.
L'étude CBR est indispensable dès la phase de conception pour dimensionner la structure de chaussée, en particulier pour les voies à trafic modéré ou lourd. Elle permet de mesurer la résistance au poinçonnement du sol support et de définir l'épaisseur des couches de fondation. Elle est systématiquement requise lorsque le sol est sensible à l'eau ou que l'on suspecte une faible portance, afin d'optimiser le dimensionnement et éviter le surdimensionnement coûteux.